Chocolat, Roschdy Zem : un film bouleversant

La semaine dernière, je suis allée voir Chocolat, le nouveau film de Roschdy Zem, (à qui on doit notamment Omar m’a tuer). Il retrace l’incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu’il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l’argent facile, le jeu et les discriminations n’usent leur amitié et la carrière de Chocolat.

J’avoue que je n’avais jamais entendu parler de l’histoire de Rafael Padillat avant la sortie du film.  Découvrir ce destin à la fois exceptionnel et tragique m’a foutu, on peut le dire,  une grosse claque ainsi que la chair de poule. C’est un film dont le background est plutôt complexe, je vais donc me contenter de vous dire ce qui m’a plu, sans trop en dire non plus et sans spoilers évidemment !

Retour à la fin du XIXe siècle

On est propulsé en arrière, dans le monde du cirque. Un monde que je ne porte pas vraiment  dans mon cœur mais qui fascine. Un monde où des artistes vendent du rêve, de l’illusion, du bonheur alors qu’eux mêmes vivent dans des conditions très difficiles. On y découvre toutes ses facettes…

Mais surtout, on est propulsé dans un monde où le racisme est à son apogée. Et je trouve qu’il est nécessaire, même encore aujourd’hui, de se rappeler ce que les hommes noirs ont vécu. La piqûre de rappel fait mal.

On peut saluer la reconstitution historique qui m’a parue assez pertinente, la mise en scène d’un esthétisme étonnant, les décors et les costumes qui  font rêver!

Footit et Chocolat

L’illustre George Footit, clown blanc expérimenté va donner une seconde chance à Chocolat. Il perçoit autre chose en lui qu’une simple « primitivité » mais un véritable potentiel. C’est comme cela que va se former le duo du clown blanc autoritaire et de l’auguste noir tête de turc qui tend le derrière en souriant pour se prendre des coups de pieds aux fesses, ce qui conquit le public.

Ces personnages sont à l’opposé l’un de l’autre. Il y a Chocolat qui profite de sa célébrité, qui aime les femmes,  dépense son argent, profite des plaisirs de l’époque.  Puis il y a Footit qui est sur la réserve, qui est très secret ; on ne sait rien de son passé, de ce qu’il fait de son argent, ni même de sa sexualité. D’ailleurs, pour un clown, George a toujours le sourire à l’envers.

Footit est celui qui va propulser la carrière de Chocolat, celui qui donne l’opportunité à un homme noir de devenir un véritable artiste, leur relation est alors « équilibrée ». Jusqu’au jour où Chocolat aura un déclic qui va tout chambouler. Parce que finalement Footit reste celui qui dirige, l’homme blanc qui est supérieur à l’homme noir.

Leur relation est intense et ambiguë, c’est un duo et à la fois un couple. Au début, c’est beau, ils s’aiment, une véritable alchimie s’installe ; naïvement, on croit qu’ils peuvent tout traverser. Et puis au fur et à mesure, ils se déchirent, jusqu’à la descente aux enfers de Chocolat.

Omar Sy et James Thierrée

Ce film ne serait pas d’une telle qualité sans ses acteurs  hors normes. Omar Sy en Chocolat, qu’on connaît tous et que personnellement j’apprécie énormément ; je savoure plus ou moins chaque film dans lequel il a pu jouer  et James Thierrée, petit fils de Charlie Chaplin  (rien que ça !)  et qui n’a rien  à envier à son grand père.

On dirait que les rôles ont été conçus sur mesure pour ces acteurs, et aucuns autres. Je ne connaissais pas James mais je ne vois personne d’autre interpréter Footit. Il est très touchant et sait donner une dimension époustouflante à son personnage. Quant à Omar Sy, il revêt son costume de Chocolat comme s’ils étaient une seule et même personne. Un duo sidérant.

Pour finir…

Le réalisateur s’est inspiré du livre de Gérard Noiriel et a pris quelques libertés. Il a clairement voulu faire un film accessible à tout le monde. Ce que je ne lui reprocherai pas, il permet de découvrir le destin incroyable d’un héros.

Mais attention, pour un film de clowns, on ne rit pas beaucoup. Le rythme est parfois lent, mais je n’ai pas décroché un seul moment.  Néanmoins, on n’est clairement pas épargné par les scènes d’une force extrême, riches de véritables tempêtes d’émotions joyeuses ou tragiques et on en sort pas indemne.

Bref, allez le voir !

 

 

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About Aqualast

MGGette qui traîne entre les catégories séries, films parfois livres. Elle a une espèce de passion malsaine pour tout ce qui touche au glauque et à ce qui fait pleurer. Regarde en secret des vidéos de bébés animaux, fait du coloriage et voue un culte à Maxime Chattam. En dehors de ses geekeries, elle adore les balades dans la nature ou les visites de petits villages, et ne sort évidemment jamais sans son appareil photo.

2 thoughts on “Chocolat, Roschdy Zem : un film bouleversant

  1. Dans l’ensemble, j’ai bien aimé ce film même si j’ai trouvé qu’on retrouvait un peu la structure habituelle des biopics, du coup j’ai trouvé la réalisation plate même si on sent Roschdy Zem sincère dans sa manière de traiter le thème du racisme. J’ai également aimé les numéros de cirque très réussis. Enfin, les acteurs sont très bien, même si j’ai trouvé Thierrée au-dessus de Sy.

    1. Oui les numéros de cirque étaient très réussis ! C’est vrai que le jeu d’acteur de Thierrée est plus impressionnant que celui de Sy, peut-être parce que son rôle est plus complexe, mais les deux m’ont épatée. Merci pour ton commentaire :)

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